

"Bioherbicide, biopesticide, dépolluant des sols : le trésor caché des oueds algériens"
"Magramane" (Dittrichia viscosa) : une plante spontanée au potentiel agronomique sous-exploité
Synthèse scientifique courte : focus agriculture
1. La plante en bref
Le Magramane (Dittrichia viscosa, Asteraceae), aussi appelé inule visqueuse, est une plante spontanée très commune en Algérie du Nord (oueds, friches, sols argilo-sableux du Tell et des hauts plateaux). Longtemps considérée comme une simple "mauvaise herbe", elle concentre des métabolites secondaires (sesquiterpènes, acide ilicique, nérolidol, flavonoïdes) à fort potentiel agronomique.
2. Quatre intérêts majeurs pour l'agriculture
Bioherbicide naturel. Ses extraits foliaires et composés volatils inhibent la germination et la croissance racinaire de plusieurs adventices et cultures (laitue, ray-grass), via stress oxydatif et perturbation du statut hydrique des plantules. Piste directe pour un désherbage alternatif à base de biomasse valorisée sur sols marginaux.
Biopesticide à large spectre. Des terpénoïdes extraits des racines et parties aériennes montrent une activité contre insectes ravageurs (pucerons, noctuelles), nématodes (Meloidogyne javanica), acariens et tiques, ainsi qu'un effet protecteur des graines de pois chiche contre la bruche. Rare cas de biopesticide multi-cibles d'origine naturelle.
Auxiliaire de lutte biologique en oliveraie.
La plante héberge un parasitoïde (Eupelmus urozonus) qui régule aussi la mouche de l'olive (Bactrocera oleae), ravageur clé des oliveraies méditerranéennes. Sa présence en bordure de parcelle est étudiée comme infrastructure écologique de lutte biologique par conservation.
Phytoremédiation des sols pollués, tolérante aux éléments traces métalliques (arsenic, cadmium, plomb, zinc) et à la sécheresse, elle est proposée comme bio-indicatrice et candidate à la phytostabilisation de sites miniers ou industriels dégradés. Des lignées clonales sélectionnées pour leur tolérance existent déjà en Italie.
Limite à noter : en conditions de serre, elle a pu favoriser la prolifération d'un ravageur de la tomate (aleurode), son usage doit rester raisonné et contextualisé.
3. Disponibilité en Algérie et piste saharienne,
Native et bien établie dans le Tell et les hauts plateaux, la plante n'est pas attestée en populations naturelles dans le Sahara profond.
Sa forte tolérance à la sécheresse et son écologie liée à une eau au moins saisonnière. ("Magramane" = "qui rencontre l'eau") en font toutefois une candidate à tester dans les micro-habitats humides du Grand Sud : oasis, abords de forages, rejets de stations de dessalement/défluoruration, berges d'oueds sahariens.
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26 Julio 2026 à 15h21
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