L’AgTech ne finance plus des idées. Elle finance des preuves.
2,4 milliards de dollars investis, plus de 1 000 deals et 24 faillites : selon iGrow News, 2025 marque l’entrée du secteur dans sa phase de maturité. 2026 devrait confirmer cette tendance : l’expérimentation permanente cède la place à l’industrialisation des solutions qui prouvent leur valeur sur le terrain.
D’après les données analysées par iGrow News, média de référence de l’écosystème AgTech mondial, l’industrie a connu en 2025 niveau d’activité qui n’avait pas été observé depuis 2022. Plus de 1’000 annonces en 2025, couvrant financements, partenariats, lancements de produits, fusions-acquisitions et faillites ont ainsi été enregistrées. Cette dynamique s’est particulièrement accélérée au second semestre, reflétant un regain de confiance sur le marché et un intérêt croissant pour des solutions à la fois innovantes et commercialement viables.
Une reprise sélective et disciplinée des financements
Les levées de fonds ont atteint environ 2,3 à 2,4 milliards de dollars en 2025, avec une majorité des capitaux alloués à des tours Seed et Série A et une taille médiane de financement autour de 9 millions de dollars. Les investisseurs ont adopté une approche plus prudente, privilégiant les entreprises présentant : une traction commerciale avérée, une stratégie claire de montée en échelle, et une capacité à démontrer une valeur ajoutée réelle.
Les secteurs les plus attractifs pour ces financements ont été :
- l’agriculture de précision ;
- les plateformes numériques ;
- les sciences des plantes ;
- les biologiques agricoles ;
- et l’agriculture en environnement contrôlé.
Ce profil de financement montre que le marché recherche désormais des modèles industrialisables pouvant être déployés à grande échelle efficacement plutôt que des projets purement expérimentaux.
Partenariats : de l’expérimentation vers l’exécution
Un autre signal fort de 2025 est la nature des collaborations conclues entre acteurs AgTech. Les partenariats ont évolué, passant d’une part d’initiatives expérimentales à des accords axés sur la commercialisation, l’intégration produit et la distribution, et, d’autre part, vers des alliances entre startups et grandes entreprises agricoles ou plateformes technologiques pour accélérer l’accès au marché.
Cette transformation témoigne d’une volonté partagée de réduction des risques, de valorisation des technologies éprouvées et de création de chaînes de valeur opérationnelles plus solides
Automatisaton, IA et systèmes de précision
Sur le plan technologique, l’année a été dominée par des solutions répondant à des défis concrets du secteur :
- automatisation des opérations agricoles ;
- robotique robuste ;
- intelligence artificielle pour optimiser les processus ;
- et systèmes de précision adaptés à des contextes variés.
Ce focus technologique reflète les contraintes structurelles du secteur, notamment le manque de main-d’œuvre, les fluctuations climatiques et la pression croissante sur les coûts.
Consolidation et pression économique : quand le marché se restructure
Même si l’activité globale est en hausse, le rapport souligne une pression persistante sur les modèles d’affaires sous-capitalisés. En 2025, 24 faillites ont été recensées, particulièrement dans :
- le vertical farming,
- l’élevage d’insectes,
- et certains segments à forte intensité de capital.
Cette réalité met en lumière une exigence accrue de rentabilité et de durabilité financière, poussant les acteurs à se repositionner ou à fusionner pour survivre.
Perspectives 2026 : moins de promesses, plus de résultats
Les données d’iGrow News dessinent un marché AgTech désormais orienté vers :
- la mise en marché rapide d’innovations réellement différenciantes ;
- une consolidation accrue ;
- et une sélection plus stricte des technologies capables de démontrer leur valeur économique.
Autrement dit, 2026 ne sera pas une année de spéculation, mais de performance, et marquera le passage de l’innovation à l’exploitation. Seules les technologies rentables et capables de créer de la valeur opérationnelle à grande échelle s’imposeront. Pour les acteurs de la filière – agriculteurs, start-up et investisseurs –, l’enjeu est désormais clair : transformer l’innovation en impact mesurable.

